Sardaigne

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INFORMATIONS GÉNÉRALES

Region administrative de l'Italie méridionale, elle est entourée par la mer Thyrrénienne à l’est et au sud, par la Mer de Sardaigne à l’ouest, alors qu’au nord les Bouches de Bonifacio, la sépare de la Corse. En réalité non seulement la Sardaigne n'a jamais eu de rapports particuliers avec l’Italie du Sud, mais elle se trouve plutôt vers l'Italie centrale (Latium et Toscane), avant l'unité d'Italie elle faisait partie du Règne du Piémont. Dans le contexte italien, la région constitue vraiment un espace à soi: même son dialecte, le sarde, est considéré comme une langue distincte de l'italien. Administrativement elle est comme la Sicile, la Vallée d'Aoste, le Trentin-Haut Adige et le Frioul, une région à statut spécial, avec une large autonomie. Les origines du nom de l’île (que les romains appelaient déjà Sardinia) sont incertaines. Pour sa forme semblable à la trace d'un pied, les grecs la dénommaient Ichnusa (c'est-à-dire "trace") ; parmi les plus crédibles hypothèses du terme Sardinia, on peut citer la dérivation de Sarde, personnage mythique ou même le fils d'Hercule, qui l'aurait conquise. Les origines et la provenance (ou les provenances) des premiers habitants de l'île n'ont pas été définitivement éclaircies.

Le région s’étend sur 24.090 km2 (c’est la deuxième île de la Méditerranée pour sa superficie, après les Sicile) et c’est la troisième région d'Italie, après la Sicile et le Piémont. La Sardaigne est parmi les régions italiennes moins peuplées avec 1.659.300 habitants et une densité de 69 habitants au km2, presque un tiers de la moyenne nationale.

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TERRITOIRE

 L’île a presque les formes d’un quadrilatère, avec une longueur du nord au sud d’environ 260 km et une largeur d'ouest à est de 120 km. Les quatre extrêmités sont Capo Falcone au nord, Capo Teulada au sud, Capo Comino à l’est, Capo Argentiera à l’ouest. Elle présente une certaine symétrie entre les versants opposés, avec quatre anses majeures, une de chaque côté : Le Golfe de l’Asinara au nord, le Golfe de Cagliari au sud, le Golfe d'Orosei à l’est, le golfe d'Oristano à l’ouest.

Le développement côtier est considérable, environ 1400 km; les ports naturels sont rares: les côtes sont généralement hautes et rocheuses. Ces morphologies prédominent le long des littoraux septentrionaux et orientaux, alors que les littoraux méridionaux et occidentaux sont plus souvent sableux. La hauteur des rivages varie même considérablement, et est en rapport avec le relief situé derrière : dans le golfe d'Orosei il y a des falaises en surplomnb au-delà de 400 m, et une rive prés du Capo Monte Santo arrive même à 757 m. Les rouges falaises de porphyre du golfe d'Arbatax au sud du golfe d'Orosei sont célèbres. Deux autres aspects intéressants des côtes sardes : la richesse de grottes, très nombreuses là où il y a des formations calcaires, et les criques profondes, à entonnoir, semblables à des fjords (les soi-disantes "côtes à rías", anciennes vallées fluviales ensuite submergées et donc occupées par la mer), nombreuses dans la région nord-orientale de l'île, la Gallura. Le relief de la Sardaigne est totalement différent de celui de n'importe quelle autre partie de l’Italie. Les roches cristallines sur lesquelles se trouve l'île (qui dans une ère très ancienne était unie à la Corse) étaient déjà émergées quand les Alpes et les Appennins n’existaient pas.

A cause de l'activité erosive qui a duré des dizaines et des dizaines de millions d'années l'île manque de chaînes montagneuses, de sommets élevés, de talus profonds, de vallées enfoncées ; C’est un paysage "aplati" (l'altitude moyenne ne dépasse pas les 500 m), mais il reste imposant.Les étendues de collines prédominent donc nettement (67,9% du territoire) ; le 18,5% est formé de plaines, ainsi les aires montagneuses correspondent à 13,6% de la superficie insulaire. Inutile donc de chercher dans l'île une unité du relief. Le plus grand massif est le Gennargentu, situé dans la partie centre-orientale, dont la pointe la Marmora (1834 m) est la plus élevée de la Sardaigne. Plus au nord une série de reliefs forme un espèce d'alignement transversal du sud-ouest au Nord-Est, et que le fleuve Tirso sépare du massif central, qui est constitué de la chaîne du Marghine- Goceano et des monts d'Alà. Plus au nord et plus isolé, s'élève le massif granitique du Limbara (1362 m). Dans la partie méridionale de la Sardaigne les plus grands groupes montagneux sont à l’ouest : les reliefs de l’Iglesiente, comparables à une série de petits massifs qui culminent avec le Mont Linas à 1236 m, et à l’est le mont Serpeddi à 1069 m. Ancien bras de mer ensuite rempli, le Campidano forme une plaine de considérable étendue (environ 2000 km2) et représente un élément morphologique nettement opposé à celui qui domine en Sardaigne.

Le Campidano traverse en effet du nord-ouest au sud l'entière Sardaigne centromeridionale, en créant une espèce de couloir entre le golfe d'Oristano et le golfe de Cagliari. Beaucoup moins étendue mais avec des origines semblables est la plaine de la Nurra, à l’extrêmité nord-ouest de l’île, entre le golfe de l'Asinara et celui d'Alghero. Les autres plaines, côtières ou internes, sont de petites dimensions. La distribution irrégulière du relief est à l’origine d'une hydrographie fragmentée avec peu de fleuves importants ; en outre la nature des sols, dont la moitié est imperméable et empêche donc la formation de riches sources souterraines, ajoutée à la concentration des pluies dans une seule période de l'année, rendent le régime des cours d'eau fortement variable. Tous les fleuves sardes ont donc un caractère torrentiel, avec des crues printanières, auxquelles s’oppose la sècheresse estivale. Pendant les crues les eaux érodent facilement les sols, souvent appauvris de couverture végétale, et entraînent une grande masse de détritus, qui se déposent dans les zones plates, côtières et internes. Ainsi se forment fréquemment et avec facilité des aires marécageuses, dont la plupart sont aujourd'hui asséchées. La Sardaigne est la région italienne dans laquelle ont été réalisées, au moyen de barrages et de bassins artificiels, les plus grandes oeuvres de réglementation des cours d'eau ; au moyen d'un barrage sur le Tirso, le lac Omodeo, qui est le plus vaste lac artificiel d'Italie, a été créé en 1923. L'île a seulement trois fleuves importants : le Tirso, la Flumendosa et le Coghinas. La Flumendosa naît du Gennargentu, tourne pendant 127 km en direction du sud, après avoir été barré par des barrages en plusieurs points, et aboutit dans la côte sudorientale de l'île. Le Coghinas (123 km de longueur) qui a ses origines dans les monts d'Alà, se dirige vers le nord, il forme le lac artificiel homonyme et aboutit finalement dans le golfe de l’Asinara. Il n’existe qu’une ligne ferroviaire. La plupart des liaisons est confiée à des compagnies publiques et privées qui utilisent des cars sans toilettes et souvent sans air conditionnée. Il n’y a pas de liaisons nocturnes, sauf pour quelques correspondances avec les ports et les aéroports. Qui arrive en bateau de Livourne n'a pas de correspondance garantie. Voilà quelques exemples pour dire qu'arriver sans aucun moyen de transport, ne permet pas d'affronter des vacances sereines s’il y a des urgences ou même pour pouvoir se déplacer pour une promenade le soir, manger une glace ou aller au restaurant.

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CLIMAT ET ENVIRONNEMENT

 La Sardaigne a un climat essentiellement méditerranéen ; les influences de la mer se sentent presque partout dans l'île, même si elles s'affaiblissent vers l'intérieur. La région est subordonné à l'influence de deux courants d'air déterminants : à la fin de l'automne dominent les vents tempérés et humides provenants de l'Atlantique, et au début du printemps prédominent les vents chauds et secs provenants de l'Afrique. Les zones les plus pluvieuses se trouvent au nord-ouest alors que les régions plus arides sont celles du sud. Les températures estivales et hivernales sont tempérées par la mer; la moyenne annuelle dans presque toute la région est entre 14 °C et 18 °C. Les températures estivales plus elevées (autour de 30 °C) s'enregistrent dans certaines parties internes (avec des maxima supérieures à 40 °C), alors que dans les bandes côtières elle est d’environ 24 °C ; les moyennes d'hiver sont de 9-10 °C sur les côtes, mais elles descendent jusqu'à 0 °C sur les sommets du Gennargentu. Les pluies se concentrent entre novembre et décembre, elles sont presque absentes en Juillet et Août. Les précipitations sont dans l'ensemble suffisantes. Dans la partie supérieure du Gennargentu, c'est-à-dire au-dessus de 1500 m, la neige dure quelques mois. Aux éléments climatiques importants il faut ajouté le vent; plus fréquent en hiver, et irrégulier dans les autres saisons, le mistral souffle avec beaucoup de violence, un vent froid qui provient du nord-ouest.
La Sardaigne, à cause de sa population insuffisante, a conservé intacts jusqu'aujourd'hui de nombreux aspects naturels et particuliers, sauvegardés grâce au détachement de l'île de l'Afrique et de l'Europe. Souvent le paysage apparaît sauvage, sévère et sans présence humaine mais d'une beauté rare dans l'aire méditerranéenne. Récemment cependant, différentes zones, surtout côtières, comme la Costa Smeralda, ont subi des agressions dévastantes de la part d'entreprises extérieures qui ont rempli les plus beaux littoraux avec un nombre excessif d'installations et de constructions (hôtels, résidences secondaires, villages touristiques etc). L'histoire géologique de l'île, avec son antiquité et son long isolement, a déterminé des particularités en ce qui concerne la flore et la faune, qui devraient être protégées avec beaucoup d'attention. Ainsi certains milieux naturels significatifs et rares ont été sauvegardés ou sont en train d'être protégés. Les principales aires protégées sont le parc national du Gennargentu, la réserve naturelle de l'île de Caprera, la réserve naturelle de Capo Caccia, le parc naturel de la péninsule du Sinis (sur la côte occidentale) et la réserve naturelle de l’étang du Molentargius, proche de Cagliari, dans laquelle vivent des grandes colonies d'oiseaux aquatiques.

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FLORE ET FAUNE

Le caractère fondamental de la flore sarde est celui de conserver en grande partie intactes certaines epèces végétales très anciennes, qui ailleurs ont subi des transformations ou se sont éteintes. Mais on vérifie même le contraire: il manque en Sardaigne différentes espèces de végétaux présents en Italie continentale et même en Sicile, comme le hêtre et les conifères : les pinèdes côtières sont récentes. La plus grande superficie de l'île, où l’élevage des moutons a toujours été traditionnellement l'activité dominante, est occupée par des pâturages, représentés soit par la steppe soit par des arbustes. Les deux sont le résultat d'une dégradation du bois due à l'homme, et en particulier aux bergers, qui appauvrissent la végétation avec les moutons ou en la brûlant pour rénover les pâturâges. La moitié de la superficie boisée qui est détruite chaque années en Italie par des incendies volontaires, est située en Sardaigne, malgré les lois sévères. Les vrais bois occupent une aire très serrée du territoire régional ; elle correspond essentiellement aux zones plus internes, et inaccessibles à l'homme et au bétail, et pas aux sommets des montagnes; les plantes prédominantes sont les chênes (parmi lesquels les plus nombreux sont les chênes liège), les chênes verts et les châtaigniers. La formation végétale la plus riche, la plus étendue et la plus vigoureuse est la tâche méditerranéenne, qui caractérise le paysage de la Sardaigne jusqu’à 800 m, parfois en formant des bosquets pittoresques isolés sur les falaises côtières; cependant la tâche ne représente pas une formation originale, mais elle dérive du bois dégradé. Elle est de toute façon une association toujours verte qui inclut des arbustes même hauts – on a ainsi une "tache haute", où les arbustes atteignent même 4-5 m de hauteur, lorsque ils trouvent des sols plus profonds et une majeure humidité – on trouve des oliviers sauvages, lentisques, caroubiers, myrte, lauriers, genévriers, cistes ; le long des grèves des torrents on trouve beaucoup de lauriers roses. On a ensuite une tâche appauvrie, avec des arbustes d’environ 50 cm de hauteur, communément appelée garrigue, qui comprend la sauge, romarin, bruyère, thym, genêt etc ; intéressantes sont les formations de palmiers nains.
Les prairies de graminées prévalent finalement à proximité des littoraux, en particulier sur les côtes méridionales et orientales plus chaudes et arides; où s'étendent les zones marécageuses, pas rares en Sardaigne à cause de l’écoulement difficile et irrégulier des eaux. La faune est intéressante et originale. Il manque en effet sur l'île beaucoup d’espèces communes dans les terres environnantes (par exemple marmottes, loutres, taupes, ours, blaireaux, écureuils, loups, vipères et d’autres serpents vénéneux et la plupart des reptiles, les grenouilles. Mais la Sardaigne possède beaucoup d’espèces inexistantes ailleurs. La taille des animaux présents est caractèristique (ânes, porc, sangliers, lièvres, chevaux etc.), elle est généralement plus petite que celle des mêmes espèces sur le continent. Le plus célèbre des animaux de la Sardaigne est le muflon, splendide mouton sauvage avec de grandes cornes tordues (pour les mâles); parmi les reptiles présents seulement dans l'île, il y a « la tortue marginata » (Testudo marginata), qui peut atteindre une longueur de 40 cm. Parmi les oiseaux très nombreux, on a une vaste diffusion de rapaces : le grifon, le vautour noir, le vautour barbu, l’aigle royal, l’aigle des Bonelli et le magnifique faucon de la reine ou faucon d'Eleonora (Falco eleonorae). Enfin il y a un mammifère marin réduit à très peu d'exemplaires cachés dans des grottes des côtes orientales, le soi-disant phoque moine (Monachus monachus).

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ÉCONOMIE

Le revenu par habitant de la région, très modeste (environ 10 mille euro annuel), est légèrement supérieur à la moyenne de l’Italie du Sud. L'économie sarde souffre du poids d'une tradition liée à une societé pastorale, peu tournée vers l'agriculture, sans industrie, fermée et lointaine, freinée dans le développement par une organisation du territoire basée sur les centres isolés de l'intérieur, pauvres en communications, traditionnellement peu tournées vers l'extérieur. Les développements modernes sont très récents et dus à des initiatives extérieures, qui ont valorisé les ressources naturelles principales : les gisements miniers et la beauté des côtes.

L'île est avec la Toscane, l'unique région italienne dotée de minéraux métalliques, surtout de zinc et de plomb (dans l’Iglesiente), et de minéraux énergétiques (anthracite et charbon dans le Sulcis, une région dans le sud de l'île); toutefois l'activité extractive, qui dans le passé eut une certaine importance, est aujourd'hui pratiquement suspendue à cause des coûts excessifs, non compétitifs avec ceux des minéraux d'importation. La Sardaigne fait partie de ces zones du Sud pour lesquelles, dans les années Soixante, une politique économique basée sur des investissements publics considérables détermina des "pôles de développement" qui auraient dû stimuler l'économie locale ; en particulier à Porto Torres fut construit un important complexe pétrochimique, alors qu'une autre raffinerie fut réalisée à Cagliari et un établissement métallurgique (travail de bauxite et plomb- zinc) à Porto Vesme près de Carbonia, dans le Sulcis. Les plans de développement donnèrent des résultats très inférieurs aux attentes. Aujourd'hui ces installations fonctionnent à activité réduite, si elles n'ont pas été démantelées ou ne sont pas en reconversion. L'agriculture, déjà négligée traditionnellement par les sardes, a subi un abandon qui en pourcentage n'a pas de comparaison dans toute Italie, en enregistrant une baisse de la superficie agricole d’environ 20%. Le tourisme est l'unique secteur en croissance; toutefois cette activité ne propose pas une grande offre de travail, de sorte que la Sardaigne est parmi les régions d'Italie les plus dramatiquement frappées par le chômage.

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AGRICULTURE ET ÉLEVAGE

Sauf quelques aires limitées dans lesquelles a été introduite une horticulture intensive (par exemple la culture d’artichauts), l'agriculture sarde est extensive et destinée aux céréales : il y même peu d'espace pour les cultures des vignes et des oliviers qui sont typiques de la zone méditerranéenne. La viticulture fournit toutefois des vins de qualité. Les travaux des champs et la pêche, qui est beaucoup moins développée de ce que permettrait le développement côtier, ne font pas partie du patrimoine culturel de l'île, qui est la terre traditionnelle des bergers ; de ce point de vue, les différences avec les régions de l’Italie du Sud, comme la Sicile et les Pouilles, sont très fortes. Toutefois il ne manque pas de zones où l'agriculture moderne, commerciale, est bien développée, comme le Campidano, zone irriguée, qui utilise les eaux du Tirso, valorisée par de récentes bonifications, ou comme le Sassarese. En dehors de ces zones l'agriculture est pauvre, fragmentaire. La Sardaigne est l'unique région d'Italie dans laquelle le revenu dérivant de l'élevage dépasse celui de l'agriculture. Les champs et les pâturages permanents occupent deux tiers de la superficie utilisable; la Sardaigne a le plus consistant patrimoine bovin et caprin et encore plus ovin (plus que 4 millions des moutons) d'Italie, qui permet une production de fromages, mais aussi de viandes, peaux, laine considérable et souvent précieuse. Les bergers tentent aujourd'hui une reconversion pour substituer l'élevage en étable de bovins à celui traditionnel, itinérant.

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INDUSTRIE

Si on considère la faillite des complexes de l'industrie de base, on peut dire que le secteur secondaire est très insuffisant. D'autre part les complexes pétrochimiques en activité n’ont que très peu de salariés. Actuellement le pourcentage d'actifs engagés dans l'industrie est inférieur à la moyenne de l’Italie du Sud. Quelques établissements alimentaires, textiles, de bois et de liège fonctionnent pour la consommation presque uniquement interne; cependant l'artisanat qui a des traditions antiques est très varié et intéressant. Il est même soutenu par des écoles et est aujourd'hui au service du tourisme (tapisseries, dentelles, céramiques, bijoux, fer battu etc.).

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ACTIVITE TERTIAIRE

Alors qu'on enregistre un grand espace occupé par l’emploi public, car la Sardaigne constitue une région à administration autonome, l'unique secteur actif parmi les activités tertiaires est le tourisme. Il s'agit cependant d'un secteur encore mal géré, qui, par exemple, n'a su valoriser ni le patrimoine artistique et culturel du folklore encore très riche, ni celui des zones internes, alors qu'avec des interventions de type spéculatif il a trop augmenté la puissance des localités balnéaires de certaines zones côtières (autour d’Alghero, Costa Smeralda, Gallura, et peu d'autres), avec des effets même négatifs sur le paysage. Quant aux voies de communication, on peut dire qu'elles ont subi une modernisation et davantage pour les liaisons de la Sardaigne avec l'extérieur que celles internes à l'île. Les trains sont lents et peu nombreux; il n'existe pas d’autoroute mais seulement une "route express" qui traverse l'île du nord au sud (sassari-oristano- Cagliari), avec quelques voies latérales. Les services maritimes principaux se trouvent à Olbia (principal port pour les passagers) à Porto Torres et à Cagliari. Le mouvement aérien est intense, les principaux aéroports sont Cagliari- Elmas, Olbia- Costa Smeralda et Alghero- Fertilia.

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POPULATION ET VILLE

Avec la basse densité de sa population, qui équivaut environ à un tiers de la moyenne nationale, la Sardaigne se diversifie nettement de la plupart des régions italiennes ; si on considère la soi-disante "campagne profonde", c'est-à-dire les zones agricoles plus arriérées, les valeurs descendent même à 30 habitants /km2. La population, caractérisée par une homogénéité ethnique rare dans Italie, vit traditionnellment dans les zones internes, dans des petits villages qui forment un microcosme fermé, dominé par une societé patriarcale, un peu archaïque et peu ouverte à la modernisation. Celle-ci est arrivée surtout à travers les activités nouvelles (tourisme, industries etc), disloquées le long des côtes. Cela a provoqué une véritable réorganisation territoriale qui est encore en cours. Si déjà après l'unité ils avaient un rôle dominant dans la géographie insulaire, les centres côtiers, comme Cagliari (qui autrefois partageait avec Sassari, situé dans le nord de l'île près de la mer, le rôle de centre principal) ont été valorisés, comme Olbia, Porto Torres, Alghero. Nuoro est par contre une ville interne, miroir des traditions pastorales de la Sardaigne. Aujourd'hui le quart de la population vit à Cagliari et dans ses alentours (175.200 habitants). C’est une des rares villes italiennes à avoir enregistré dans les vingt dernières années une forte croissance démographique. Même Sassari dépasse 100.000 habitants ; les deux autres deux chefs-lieux n’atteignent pas 40.000 habitants, mais on a 65.000 habitants à Quartu Sant'Elena, une ville- satellite de Cagliari.

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HISTOIRE

Avec son aspect insulaire la Sardaigne fut au centre d'événements historiques très intéressants et différents de ceux qui se déroulaient sur la péninsule italienne. La manifestation plus importante de la diversité sarde en époque protohistorique est représentée par la civilisation nuragique, identifiée par des tours typiques à forme de cône, construites avec des pierres superposées et parfois insérées dans un système architectural. Aujourd'hui la Sardaigne conserve environ 7000 nuraghes, qui forment le principal gisement archéologique, avec un millier « de domus de janas » (terme sarde qui signifie les "maisons des fées"), c'est-à-dire des tombes en miniature creusées dans les roches avec une structure en labyrhinte, et avec plus de trois cents "tombes de géants", nécropoles composées de pierres avec au centre une stèle de plusieurs mètres. La civilisation des nuraghes a laissé sa plus grande trace dans le château de Su Nuraxi à Barùmini, et au nord dans la soi-disante "reggia" de Torralba. L'âpreté du paysage montagneux favorisa l'isolement de la Sardaigne des courants plus vivants de l'histoire méditerranéenne, et qui a duré jusqu'à ce que les Phéniciens effectuent les premières invasions dans l'île. L'intêret commercial dérivait d’une pâte volcanique vitreuse beaucoup employée dans les temps anciens. Après les Phéniciens, les Carthaginois s’installèrent sur l'île : ils fondèrent les premières villes, comme Cagliari, Tharros, Nora, Sulci. Les romains apparurent en 238 avant J.C et fondèrent des garnisons militaires, construisirent des routes, agrandirent les villes et exploitèrent les zones plates comme réservoir de grain pour Rome. Ils fixèrent des aspects de leur culture. En effet l'île, appartenant à la province d'Afrique, passa à l'empire romain d'Orient, après 476 après J.C. De la lointaine Bysance, capital de l'empire oriental, fut concédée une vaste autonomie à l'île divisée en quatre juridictions, c'est-à-dire le Logudoro, Gallura, Oristano et Cagliari.
Après l'an Mille les républiques marines de Pise et de Genova dirigèrent leur attention vers l'île et ils y trasfèrèrent des familles et des entreprises, en se reliant aux patriciats locaux. En 1297 la Sardaigne, à l’initiative du Pape, passa sous Jacques II d'Aragon, mais pendant des décennies il s'agit d'une souveraineté formelle, jusqu'à que, en 1323, Alphonse d'Aragon débarque dans l'île en la soumettant militairement. L'esprit d'autonomie de quelques territoires anima une forte résistance anti-aragonaise qui dura jusqu'à l'aube du XV siècle. A la fin du XV siècle il y eut le mariage d’Isabella de Castille et de Ferdinand d'Aragon. La domination espagnole est considérée comme une période de décadence économique et démographique, sur laquelle pesèrent les servitudes féodales imposées à l'île. En 1720 la Sardaigne alla à la Savoie, forcée de l'échanger avec la Sicile pour un jeu d'équilibres et de contrepoids orchestré par les grandes puissances européennes. Pendant vingt ans les Savoie gardèrent en position marginale l'île, qui leur avait conféré le titre royal, celui de roi de Sardaigne. À partir de 1743 un puissant ministre piemontais, Gian Lorenzo Bogino, réalisa des règles à caractère réformiste: il réouvrit les universités de Cagliari et de Sassari, conçues sur le modèle de l'université de Turin; il renforca les conseils communaux et créa un système financier pensé pour développer l'agriculture et libérer les paysans du poids des dettes. À Bogino on doit même la valorisation de l'archipel de la Maddalena, où fut construite une forteresse militaire pour protéger le port, qui deviendra une importante base militaire. Pendant les années de la Révolution française on forma un mouvement antiféodal avec Giovanni Maria Angioy comme chef, mais l'île resta solidement contrôlée par la Savoie, grâce à une aide navale fournie par l'Angleterre. Le régime féodal qui pesait sur la propriété fut aboli seulement pendant trois ans (1836-1839), sous Carlo Alberto, et quelques années plus tard on supprima les droits que les comunautés exerçaient sur les terres féodales
Après l'unité d'Italie (Risorgimento) l'île connut une phase controversée : d'un côté la crise economique engendra la misère et la recrudescence du banditisme; de l'autre on entama des entreprises minières et des activités modernes dans le secteur agropastoral. De nombreux sardes périrent dans la première guerre mondiale ; aux tensions de l'après-guerre s’ajoute la formation d'un mouvement autonomiste d'inspiration socialiste qui aboutit à la naissance du Parti Sarde d'Action. Durant le fascisme on bonifia les terres concernées par le paludisme et on exploita les mines, avec la fondation de villes nouvelles (Arborea, Fertilia et Carbonia). Les revendications autonomistes furent accueillies par la Constitution de la République italienne (1948), qui établit l'autonomie de l'île à statut spécial. En 1962 on approuva un programme de renaissance économique qui se concrétisa dans quelques pôles industriels : à Sassari, Macomèr, Porto Torres, Cagliari, Olbia, pour citer les principaux. Dans ces années décolla le tourisme, qui modifiera la face des côtes, avec plus de deux millions de touristes dans les années Quatre-vingt.

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ENOGASTRONOMIE

Une cuisine pauvre en ingrédients, mais riche en saveur. Les plats de la Sardaigne se distinguent car ils ne sont pas trop élaborés, pour respecter les saveurs d’origine. La tradition de la cuisine sarde est essentiellement liée aux produits de la terre, même si la variété de poissons de ses côtes, permet une grande fantaisie dans la préparation de différents plats. Même les influences des anciens et nombreux envahisseurs de l'île ont laissé une trace dans les recettes, comme celles des catalans à Alghero. Excellent est le rôti de cochon et de petit cochon, élevés dans beaucoup de zones de l'Île encore en plein air et dans les alentours des bois de chênes, dont les glandes sont un régal pour les cochons. Le mouton (bouilli avec des pommes de terre) et l'agneau sont typiques, toujours cuisinés au feu. Les reliefs de l’intérieur des terres sont riches de gibier : de lièvres, de perdrix, de cailles, de lapins. Les sangliers sont de jauge inférieure par rapport à ceux qui habitent dans la Péninsule, mais ont beaucoup plus de saveur, surtout les saucisses préparées avec leur viande.
Langoustes et dorade, gambas et bar, anguilles et sargues. Les côtes de la Sardaigne sont riches des espèces plus précieuses qui, grâce à la qualité de la mer dépourvue de pollution, réussissent à faire sentir les arômes et les parfums de chaque plat. Même dans ce cas, le feu offre aux poissons un goût original. Les fritures de poissons de petite taille, comme le rouget, sont très savoureuses aussi. La bottarga, la poche des oeufs séchés de mulet, est une autre spécialité. Excellente comme condiment, elle est exquise coupée très fine et servie plongée dans de l’huile d'olive. L'économie basée encore en grande partie sur l'élevage des moutons permet de sauvegarder et de valoriser un autre aliment fondamental de la cuisine sarde : les fromages. Caractéristiques et uniques, ceux à base de lait de mouton et de chèvre, frais et viellis, à pâte crue ou cuite. Les fromages de vaches sont très savoureux, à pâte filée (comme provolette, provolone et mozzarella). Les desserts sont simples et bons. Pas particulièrement attirants à l’aspect, ils cachent des goûts exquis et d'habitude ils sont préparés à l’occasion des fêtes. Ainsi au Carnaval on prépare les « zeppole" alors qu'à Pâques les desserts sont à base de ricotta ou de fromage frais : les "pardulas" (formaggelle) ou le "seadas", à frire dans l’huile bouillant et servir avec du sucre ou, mieux, avec du miel sont caractéristiques. Très bons sont aussi les « amaretti » et les "pabassinos". Une grande variété de vins distingue la Sardaigne. C’est grâce à la diversité des sols (calcaires, argileux), qui offrent des nuances de goûts très particuliers et différents selon la zone de l’île dans laquelle on se trouve. Nous trouvons ainsi dans les provinces de Cagliari et d'Oristano la Monica, Nasco, le Moscato, la Malvasia, Girò et le Nuragus. Le Sassarese propose le Moscato de Sorso- Sennori, le Vermentino de Gallura. Le Cannonau, intense et pâteux, caractérise le territoire de Nùoro, qui offre la Malvasia de Bosa et le Mandrolisai avec Oristano, qui donne peut-être le vin plus représentatif de la Sardaigne (la Vernaccia).

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CULTURE

Une terre isolée, où cohabitent des traditions et des cultures uniques. La Sardaigne est avant tout un musée en plein air, où le visiteur peut choisir de repartir dans le temps, au Néolithique par exemple, pour admirer les premières constructions tirées de la roche, le "domus de janas". Outre les sept mille nouraghes répandus sur tout le territoire, les imposants menhirs et dolmens sont caractéristiques et mystérieux. Mais la Sardaigne n'est pas seulement la terre des nouraghes, c’est aussi un ensemble de traditions qui survit depuis des siècles. Zone de conquête, depuis toujours : des Phéniciens aux Romains, des Pisans aux Gênois, des Maures à la Savoie. La Sardaigne est une terre qui parle à ses gens et les populations parlent avec elle, avec les "murales", vraies oeuvres d'art peintes sur les murs d'étroites ruelles de petits villages caractéristiques.
La Sardaigne est terre d'églises, d'une foi profonde qui a donné la vie à des édifices uniques, où le sacré et le profane cohabitent dans un style toujours unique. La Sardaigne est une île riche d’hommes de lettres, le prix nobel Grazia Deledda par exemple, de peintres et de sculpteurs célèbres dans le monde, d'artisans, de maîtres infatigables qui font des objets du quotidien de vraies oeuvres d'art: les meubles sculptés, le « cassapanche », ou le bagage domestique avec de très belles dentelles et les broderies, le tissage des tapis en laine, les châles multicolores brodés. Ou les bijoux en filigrane, uniques. Toute cela est la Sardaigne, une merveilleuse terre riche de traditions qui renferme l'ancien et le moderne.

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